Freundeskreis der Wieslocher Städtepartnerschaften e.V.

Amarante - Fontenay-aux-Roses - Sturgis - Ząbkowice Śląskie
La commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918

Discours - 100e anniversaire de la fin de la première guerre mondiale (le 11 novembre 2018)

Peur, haine, violence, douleur et désespoir, sont-ils les sentiments dominants lors d'une bataille?

Monsieur le Maire VASTEL et Monsieur le Maire ELKEMANN, Mesdames et Messieurs, nous vous remercions de nous donner la parole aujourd'hui à l’occasion de cette commémoration.

Aujourd'hui nous sommes rassemblés pour pleurer, se souvenir et faire notre devoir de mémoire. Nous commémorons la fin de la grande souffrance de la Première Guerre mondiale. Il y a exactement cent ans que nous pouvons enfin vivre en paix, en sécurité, cesser d’avoir peur du lendemain et de la perte de proches. Aujourd’hui, nous voulons célébrer l´amitié franco-allemande qui a remplacé les relations tendues entre nos deux nations. Le meilleur exemple en est notre jumelage entre Fontenay-aux-Roses et Wiesloch, qui existe depuis 1974 et permet des échanges actifs. Nous sommes ici rassemblés Allemands et Français.

Aujourd'hui, la France et l'Allemagne font partie de l'Union Européenne. Cette alliance est le pilier d'une coopération mutuelle qui garantit la paix actuelle. Mais il y a 100 ans, alors que la guerre faisait encore rage, une telle alliance aurait été impensable. Ce qui s'est passé dans l’histoire ne peut pas être effacé, mais nous pouvons en tirer des leçons.

C'est le cas de la terrible bataille de Verdun, la plus cruelle et l'une des plus meurtrières de la Première Guerre mondiale, qui a fait plus de 600 000 victimes des deux côtés. Durant presque toute l'année 1916, d'innombrables soldats ont dû combattre sur le front, souffrir et mourir sans jamais réussir à changer le cours des choses. Des parents ont perdu leurs fils, dont certains étaient encore mineurs, et des familles ont perdu leurs pères, qui ont dû se battre dans les tranchées et le froid. Pour nous, la bataille de Verdun est le symbole de l'absurdité et de la cruauté de la guerre.

Bien que des choses terribles se soient passées, il y a eu le miracle de Noël au matin du 25 décembre, qui s'est étendu sur l’ensemble du front d’une longueur de 700 km. Cet évènement a été unique ; quelques moments de paix dans la grande guerre. Le capitaine Alfred Dougan Chater, un officier anglais, a décrit ces moments émouvants dans une lettre dans laquelle il écrit : « Je crois que j'ai eu l'une des vues les plus extraordinaires que vous puissiez imaginer aujourd'hui. Vers 10 heures du matin, j'ai vu de mon abri un Allemand remuer les bras, suivi de deux autres, sortir de leur tranchée et s'approcher de nous. Nous étions sur le point de leur tirer dessus quand nous nous sommes aperçus qu'ils n'étaient pas armés. Alors, l'un de nos hommes est allé vers eux, et en moins de deux minutes soldats et officiers des deux camps ont fraternisé dans les tranchées, se sont serrés la main et souhaités un joyeux Noël ». Selon l'officier, les hommes ont marché sur les remparts détendus et libres et ont organisé des funérailles communes pour les morts gisant dans le no man's land. Puis le jeune officier poursuit : « Nous avons échangé des cigarettes et des noms, et certains ont pris des photos. Je ne sais pas combien de temps cela va encore durer, mais en tout cas les armes se tairont à nouveau le jour de l'an, parce que les Allemands veulent voir nos photos ».

Comme vous venez de l’entendre, les soldats ennemis ont célébré cette fête ensemble. Ils ont entonné des chants de Noël, partagé leur repas et joué au football. Quelque temps plus tard, cependant, la magie de cette nuit s'est évanouie et la guerre a repris son cours. Bien qu'ils aient célébré ces fêtes ensemble peu de temps auparavant, le carnage impitoyable a continué.

Au total, 18 millions de personnes ont été victimes de cette guerre. Parmi eux, près de 10 millions étaient des soldats qui ont combattu pour la paix. Aujourd'hui, en particulier, nous tenons, lors de cette commémoration, à leur rendre hommage.

Pendant des siècles, les guerres ont fait partie de l'Europe d'aujourd'hui. Mais lorsque le ministre français des affaires étrangères, Robert Schumann, a formulé l'idée européenne pour la première fois en 1950, l'Europe, comme nous la connaissons aujourd'hui, a commencé à se construire. Depuis 70 ans nous vivons en paix. C’est la période la plus longue de notre histoire, ce qui fait de l'Europe un projet de paix extraordinairement réussi. La guerre en Europe est aujourd'hui inimaginable, non seulement parce que nous coopérons sur le plan économique, mais aussi parce que nous encourageons activement la paix en résolvant les conflits par la négociation plutôt que de le faire dans les tranchées. Aujourd'hui, l'Union Européenne offre à un demi-milliard d'Européens une vie de liberté et de sécurité et a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir diffusé la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme.

Il est de notre devoir en tant que citoyen de maintenir cette paix et de la préserver à l'avenir.
Il est de notre devoir d'enseigner aux jeunes et aux générations futures ce qui s'est passé afin qu'eux aussi reconnaissent que cela ne doit pas se reproduire. Car ce n'est que la connaissance du passé qui permet d’éviter que de tels conflits se reproduisent.

Mesdames et Messieurs, nous vous remercions de votre attention.

Amadea Blaut, Antonia Braun, Sarah Yassine
(lycéennes du lycée Ottheinrich à Wiesloch)
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